Tribune [MET n°22 – Oct/Nov 2020]

La Métropole est sortie profondément renouvelée des élections de mars et de juin dernier : pour la première fois de son histoire, les conseillers métropolitains ont été élus au suffrage universel direct, en même temps que les conseillers municipaux. Les habitants du Grand Lyon se sont saisis de cette formidable avancée démocratique pour écrire une nouvelle page, en exprimant leur souhait de renouvellement du personnel politique et leur aspiration à une réelle transition écologique et solidaire. Ils ont souligné les limites du modèle métropolitain actuel en réclamant une Métropole plus vivable, plus respirable et plus solidaire. Leur vote s’est inscrit en écho aux travaux de la Convention Citoyenne pour le Climat, au sein de laquelle 150 citoyens tirés au sort ont porté des propositions audacieuses pour une société plus écologique et solidaire. Notre groupe de 58 élus écologistes, ancrés dans l’ensemble des 14 circonscriptions du territoire, est le signe de ce désir profond de renouvellement : par leurs suffrages, les Grand-Lyonnais ont élu 31 femmes et 27 hommes, issus largement de la société civile, permettant ainsi un fort rajeunissement et une féminisation de l’assemblée de la Métropole. Ils ont fait émerger une nouvelle génération politique, engagée sur les listes écologistes à la suite des marches pour le climat qui ont rythmé l’année 2019-2020.

Parce que les citoyens du Grand Lyon ont exprimé ce désir de changement, parce qu’ils sont soucieux d’agir face à la crise écologique et aux inégalités sociales, parce qu’ils ont exprimé, par l’abstention, leur déception vis-à-vis du monde politique et leurs inquiétudes face à la crise sanitaire, nous avons conscience de porter aujourd’hui une grande responsabilité pour les 6 années à venir. Nous voulons l’assumer avec des élus pleinement impliqués dans leurs fonctions, par le non-cumul des mandats. Surtout, nous voulons accorder aux femmes davantage de place dans les instances de la Métropole, aussi bien dans la répartition des sièges que dans l’accès aux postes à responsabilité. C’est pourquoi nous avons veillé au respect de la parité parmi les élus mais aussi dans l’élection de nos 23 vice-présidents, 12 vice-présidences ayant été ainsi confiées à des femmes.

C’est dans cet état d’esprit, conscients des défis présents et à venir, que nous avons débuté notre mandat aux côtés de nos partenaires de la majorité – le groupe “Socialistes, la gauche sociale et écologique et apparentés”, le groupe “Communistes et républicains”, le groupe “Métropole insoumise résiliente et solidaire” et le groupe “Métropole en commun”. C’est aussi dans cet état d’esprit qu’avec Bruno Bernard, le Président de la Métropole, et ses 23 vice-présidents, nous avons initié dès l’été plusieurs chantiers en faveur de la transition écologique et solidaire du territoire et en réponse à la crise sanitaire.

Nos premières mesures destinées à lutter contre la pandémie de covid-19 et ses conséquences aussi bien économiques que sociales :

  • Des dépistages exceptionnels ont été organisés en partenariat avec le SYTRAL aux abords des stations de métro la première quinzaine de septembre, afin de rendre les tests accessibles à tous.
  • La Métropole a porté un plan de soutien aux Établissements Sociaux et Médico-Sociaux, à hauteur de 9 millions d’euros, visant à financer la prime versée par les employeurs et à compenser les surcoûts et pertes de recettes liées à la crise.
  • En appui aux secteurs du tourisme, de l’hôtellerie-restauration, de la culture, du sport et de l’événementiel, nous avons voté un nouveau dégrèvement partiel de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE), à hauteur des deux tiers.
  • L’aide de 500€ pour l’acquisition de vélos à assistance électrique a été confortée, afin d’accompagner la généralisation de la pratique du vélo à la suite du déconfinement. Une partie des pistes cyclables mises en place pendant cette période ont été pérennisées.

Nos premières mesures prises pour la transition écologique et solidaire du territoire :

  • La Métropole a engagé un travail avec les services de l’État pour la mise en place de l’encadrement des loyers et pour l’expérimentation du RSA jeunes.
  • Les abords de sept écoles ont été sécurisés et piétonnisés, en lien avec les communes, afin de renforcer la sécurité des élèves.
  • Dans le cadre de la lutte contre la pollution et de la mise en place d’une Zone à Faible Émission (ZFE) dans le centre de l’agglomération, la Métropole a donné un nouvel élan au dispositif d’aide à destination des petites et moyennes entreprises pour l’achat de véhicules propres de transport de marchandises.
  • Les investissements du SYTRAL seront fortement renforcés pour permettre un développement massif des transports en commun.
  • La Métropole prépare activement le retour en régie publique du service de production et de distribution de l’eau potable, afin de sortir d’une logique mercantile et se réapproprier ce bien commun : l’objectif étant de rendre plus abordable ce service pour les habitants et de mieux préserver la ressource en eau.

Autant de chantiers pour prendre à bras le corps l’urgence climatique, sociale et démocratique et faire du Grand Lyon une Métropole exemplaire, au service de ses habitants.

Benjamin Badouard et Vinciane Brunel-Vieira
Co-président·es du groupe Les Écologistes