Intervention préalable de Benjamin Badouard [Conseil 15.03.21]

M. le Président, cher-es collègues, bonjour,

Je vous remercie pour ces interventions mesurées, comme souvent. On sent ici l’esprit constructif de certains pour le bien-être des habitantes et habitants de la Métropole.

Vous nous parlez de sujets d’importance sur lesquels je vais revenir.
De manière générale, et en guise de préalable, permettez-moi de remarquer que vous savez parler certes, mais malheureusement sur certains points, cela s’arrête là. Là aussi, j’y reviendrai.

Vous nous parlez de gouvernance. Nous assumons, même si vous avez du mal à le vivre, un changement de culture vers plus d’ouverture et de dialogue, et nous nous efforçons de le mener à tous les niveaux. En cela je vous remercie d’avoir soulevé ce sujet.

  • Pour le Pacte Métropolitain, le dialogue mis en place par la Vice-Présidente a été unanimement salué par les maires ;
  • Nous avons ouvert des groupes de travail à l’opposition, par exemple sur la précarité étudiante ; 
  • Nous avons ouvert au dialogue la construction de la ZFE ;
  • Vous rappelez souvent la non-ouverture au public de la Commission Permanente. Mais vous en parlez si bien que c’est à se demander pourquoi vous ne l’avez pas fait, quand vous en aviez la possibilité. Et cette commission permanente est désormais ouverte à l’opposition, vous avez les informations, on n’est plus dans le secret comme auparavant ;
  • Évoquons aussi le Règlement intérieur, désormais plus ouvert et transparent.

Cette démarche d’ouverture, nous la retrouvons dans notre attention portée aux communes : qu’elles soient de droite, de gauche, elles peuvent compter sur le soutien de la Métropole. Pas de discrimination suivant la couleur politique ou “à la tête du maire”

Vous voyez où je veux en venir : à ceux qui, impunément, et en riant, s’arrogent le droit d’arroser  allègrement, “à coup de post-its” et d’argent public, les copains, et ceux qui servent leurs intérêts électoraux. Vous nous parlez de gouvernance. Mais ne faisons pas qu’en parler, agissons, enfin. 

Agir, c’est sortir de cette droite qui soutient un ancien président de la république condamné pour corruption et trafic d’influence ; agir c’est sortir de cette droite qui, localement, s’inspire du modèle Fillon en matière de mélange des genres et de sur-rémunération de son conjoint ; agir c’est encore sortir de cette droite qui au niveau régional utilise l’argent de la collectivité à des fins électorales.

Vous nous parlez de gouvernance. Nous y mettons des moyens et de l’énergie. Car nous savons que la transition écologique et solidaire ne se fera qu’avec toutes et tous. Il y a urgence, nous nous y employons. Sur ce sujet, vous parlez, nous agissons. 

Vous nous parlez également de sécurité. Ce sujet est très important à nos yeux. Nous refusons et nous condamnons toute forme de violence. Quand éclatent des incidents, notre responsabilité en tant qu’élu·es de la République est d’y mettre un terme, de permettre le retour au calme, d’apaiser les esprits. La crise sanitaire attise les tensions, il ne faut pas jeter de l’huile sur le feu et diviser, il faut apaiser et rassembler.

Sur ces enjeux, au-delà de l’urgence, nous sommes convaincu·es que l’apaisement se construit d’abord par la prévention, afin de permettre à chacune et chacun d’avoir accès aux droits et à la dignité. C’est par exemple le dispositif Métropole vacances sportives que nous étendons, c’est l’encadrement des loyers, c’est le Revenu de solidarité jeunes. 

Vous nous parlez de sécurité. Les habitantes et habitants de la Métropole étaient-ils plus en sécurité avant juin 2020 ? Auparavant, jamais aucun incident ? Jamais aucun rodéo ni pétard ? Jamais aucun trafic ?

Je vous rappelle aussi ici que la sécurité n’est pas une compétence métropolitaine. Et de nombreux·ses maires sont ici concerné·es par ces difficultés quotidiennes, des maires de tous bords.
Il est simplement malhonnête de tenter de faire porter le chapeau à un seul maire, et à une collectivité dont ce n’est pas la compétence.

Vous nous parlez de sécurité, continuons : qui a supprimé la police de proximité alors qu’elle faisait ses preuves ? Nicolas Sarkozy. Qui a supprimé 10 000 fonctionnaires de police ? Nicolas Sarkozy, avec M. Wauquiez dans son gouvernement. Dès notre arrivée, nous avons demandé des renforts, nous les avons obtenus. Ne nous parlez pas d’angélisme quand votre parti a tout fait pour qu’on en arrive à cette situation. 

Protégez ses habitantes et habitants c’est une politique globale, et c’est avant tout ne pas fermer les yeux sur les enjeux de notre temps, au premier duquel le dérèglement climatique qui entraîne déjà sur les routes des millions de réfugié·es chaque année. 
Protéger ses habitant·es c’est regarder droit dans les yeux et agir face aux discriminations envers la moitié de l’humanité, les femmes.
Protéger ses habitant·es c’est apporter son aide envers toutes les personnes précaires, celles qui ne sont pas nées sous la bonne étoile. 

Il y a urgence et le chemin est encore long, mais on avance et on ne perd pas de temps comme le montrent les dossiers majeurs proposés au vote, à l’occasion de ce conseil.

Le virage de la transition écologique et solidaire est pris.
A vous de voir, cher.es collègues, si vous voulez le prendre avec nous, ou si vous préférez rester au bord du chemin. 
A vous de voir, cher.es collègues, de quel côté de l’Histoire vous voulez être, celui de la lucidité et de la responsabilité, ou celui du déni et du renoncement, dévastateur.

Je suis d’accord, cela demande du courage. Du courage d’admettre que l’on s’est trompé·e, que l’on s’est égaré·e… Mais vous pouvez aussi continuer à créer et entretenir des polémiques pitoyables et stériles comme celles des cantines. 

On vous laisse juge de l’opportunité des enjeux de notre temps, des vrais besoins de nos concitoyen·es.

Je vous remercie.


Benjamin Badouard
Co-Président Les Écologistes Grand Lyon Métropole
Conseiller Métropolitain

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