ECORENO’V – Intervention de Corinne Subaï [Conseil 15.03.21]

Madame la vice-présidente,
Monsieur le vice-président,
Cher.ère.s collègues,

Le secteur du bâtiment est de ceux qui pèsent le plus dans les émissions carbone de la France, comme le rappellent les derniers rapports du Haut Conseil pour le Climat. C’est aussi le 2e secteur qui accuse le plus de retard, après les transports, dans la stratégie nationale bas-carbone, liée aux Accords de Paris. Dans la Métropole de Lyon, le secteur résidentiel est responsable de près du quart des émissions de gaz à effet de serre et du tiers des consommations d’énergie. 

C’est dire si la présente délibération, qui porte sur la politique d’éco-rénovation de la Métropole, a son importance – d’autant que la rénovation énergétique des bâtiments est aussi un enjeu en matière d’emploi et de relance économique. L’éco-rénovation apporte une réponse globale aux enjeux économiques, écologiques et sociaux, tant par la baisse des consommations d’énergie que par la lutte contre la précarité énergétique et le recours à des matériaux bio-sourcés. 

Depuis 2015, sous l’impulsion des élus écologistes, la métropole a mis en place  une politique d’éco-rénovation ambitieuse : le dispositif ECORENO’V a accompagné la rénovation de 16 000 logements, avec des travaux de grande performance énergétique dans les copropriétés, le logement social et les maisons individuelles. L’Agence NAtionale de l’Habitat contribue aussi au financement des travaux, l’ADEME et l’Europe apportant une aide à la Métropole pour l’ingénierie.

Notre dispositif métropolitain de 2015 était déjà plus volontariste que ne l’est aujourd’hui le projet de loi Climat et résilience du gouvernement, en posant des exigences en matière de rénovation Bâtiment Basse Consommation, ce qui n’est pas le cas de la loi actuellement en discussion. Le renforcement que nous votons aujourd’hui pour ECORENO’V va encore plus loin afin de contribuer à l’objectif de réduction de 20% d’énergie consommée au cours du mandat. L’enveloppe consacrée au dispositif est augmentée pour atteindre les 60 millions d’euros.

La nouvelle version d’ECORENO’V servira à amplifier notre action et à enrichir le dispositif, en le rendant plus écologique et plus juste socialement, en allant, encore une fois, bien au-delà de ce que prévoit la loi Climat et résilience. Notamment, elle incite fortement à l’utilisation de matériaux bio-sourcés, qui ont une empreinte carbone bien moins importante que ceux issus des énergies fossiles (par exemple, les isolants en laine de bois ou de chanvre en remplacement des isolants en polystyrène, les menuiseries en bois à la place du PVC). Des aides financières diversifiées pourront subventionner les actions de diagnostic, la maîtrise d’œuvre ou les travaux. Un système de bonus apportera un soutien complémentaire aux rénovations à fort impact environnemental, faisant appel à davantage de matériaux bio-sourcés et au réemploi, favorisant la protection solaire et limitant le réchauffement par la végétalisation, favorisant les énergies renouvelables, le raccordement aux réseaux de chaleur et la sortie du chauffage au fioul. Les interventions dans le parc social seront renforcées, avec un rééquilibrage vis-à-vis du parc privé. Les aides de la plateforme ECORENO’V seront destinées plus particulièrement aux ménages modestes qui ne bénéficient pas des aides du dispositif d’État MaPrimeRénov’. Nous aurons une vigilance particulière, dans le suivi et le bilan d’ECORENO’V, sur les bénéficiaires du dispositif.

Alors que la loi Climat et résilience est actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, nous voulons appeler ici l’État à prendre ses responsabilités – aux côtés des collectivités – pour une rénovation énergétique d’ampleur des logements, en écho aux propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat.

Nous voterons pour cette délibération.


Corinne Subaï
Conseillère Métropolitaine

Laisser un commentaire