Accompagnement à la transition de l’industrie

Monsieur le Président, mes chers collègues,

La récente crise sanitaire a mis une nouvelle fois en exergue la nécessité de traiter la question de la ré-industrialisation de nos territoires et de l’autonomie stratégique de l’Europe avec celle des enjeux sociaux et environnementaux.  

Cette délibération autour de la transition industrielle nous donne l’occasion de démontrer, une nouvelle fois par l’action, que cette orientation n’est pas une utopie et que le cap que nous fixons est clair et assumé, il s’agit :

  • d’enrayer la dynamique de desserrement industriel – d’étalement industriel – par une insertion équilibrée de ces types d’activités sur le territoire métropolitain,
  • d’accompagner la transformation du secteur industriel en favorisant le développement d’une industrie moins polluante, créatrice d’emplois et d’emplois d’avenir ! et plus sûre,
  • de favoriser une meilleure synergie des industries avec leur territoire et de retisser du lien avec les habitants, notamment par le biais de la médiation industrielle.

Pour mettre en œuvre cette transformation du tissu industriel vers la transition écologique, il est important d’anticiper l’évolution du secteur en soutenant l’innovation. En ce sens, les pôles de compétitivité qui regroupent, sur des filières ciblées, à la fois des entreprises de toutes tailles, des laboratoires de recherche et des établissements de formation constituent un appui incontournable.  

C’est pourquoi, il est proposé ici, de soutenir 8 pôles de compétitivité et clusters de notre territoire pour un montant de 756 000 euros qui interviennentsur une diversité de secteurs : la chimie (avec Axelera), le transport et les mobilités urbaines (avec CARA et le cluster Mobilité Active et durable), les textiles et matériaux souples (avec Techtera),  la transition énergétique (avec Tenerrdis), l’éclairage (avec Cluster Lumière) ou encore le numérique (avec le Cluster Digital League et l’Espace Numérique Entreprise).

Néanmoins, notre responsabilité en tant que Métropole c’est d’en finir avec l’innovation pour l’innovation et d’apporter une vision stratégique de long terme. C’est de permettre à nos partenaires d’envisager sereinement la transition écologique, c’est de les pousser vers des filières d’avenir : les matériaux de demain, les énergies de demain, les transports et véhicules de demain, tout en les accompagnant avec des outils dédiés à cette transition, par exemple par le biais du fond d’amorçage industriel,

Notre responsabilité, c’est d’être un levier de développement et d’imposer une logique partenariale, avec des alliances territoriales en favorisant le lien entre les branches industrielles (par ex Fabrique de l’Avenir). 

Notre responsabilité c’est aussi de veiller aux finalités territoriales en termes de dynamiques économiques et d’emplois. Et de travailler à l’attractivité des métiers industriels.

Concernant les secteurs ciblés au travers de cette délibération, bien évidemment, comme dans toute politique, des choix sont à faire, les finances publiques ne sont pas un puits sans fond et il est important de fixer des priorités en favorisant les actions ciblées et efficientes au détriment, il est vrai, de financement d’actions de type colloques ou salons d’autant plus sur des compétences qui ne sont pas du domaine de la Métropole et qui ont très peu de retombées territoriales. Je pense notamment à ceux qui œuvrent dans le secteur de la défense qui vient d’être évoqué.

Je vous rappelle que la Métropole n’est pas compétente sur les questions de sécurité, mais ne vous inquiétez pas nos collègues à Lyon et Villeurbanne se sont saisis du sujet et ont d’ailleurs largement augmenté les effectifs de policiers que votre majorité a diminué…

A notre échelon c’est la cybersécurité sur laquelle nous devons agir : c’est pourquoi unemission spécifique de cyber-sécurité a été lancée au sein de notre collectivité, d’une part pour sécuriser ses actifs- c.à.d ses biens numériques –  et d’autre part comme autorité organisatrice à l’échelle du territoire de la Métropole de Lyon aux côtés des industriels. Un volet cyber a également été intégré dans le cadre des missions de l’Espace Numérique Entreprise.

Aujourd’hui force est de constater que les grandes réorientations politiques qui sont capables de questionner en profondeur notre système économique et de proposer un futur vertueux, tourné vers le bien commun, sont portées par des majorités écologistes. Combien d’entre nous ont même été surpris de la grande attente des acteurs économiques du territoire considérant nos nouvelles orientations comme autant d’opportunités de développement économique, avec, enfin, une réponse à leurs attentes de trouver du sens à leur action. Une recherche de sens que beaucoup d’employeurs constatent d’ailleurs chez leurs salariés, chez leurs agents, chez leurs ingénieurs.

Nous observons au niveau national une mobilisation grandissante des acteurs industriels engagés en faveur de l’écologie industrielle et de l’économie circulaire ou soucieux de l’empreinte écologique de leurs activités. 

Pendant ce temps-là, nos opposants restent bloqués sur une vision des écologistes qui seraient, selon eux, « anti-entreprises », et qui ne correspond pas tant d’ailleurs à une réelle inquiétude, sur laquelle nous pourrions les rassurer, sur laquelle nous pourrions échanger, mais plutôt à un timing de communication de campagne en forme de tourne-disque rayé : une métropole anti-sociale, anti-démocratique, anti-économique et on commence anti-sociale, anti-démocratique, anti-économique

J’ai hâte de découvrir le thème du mois de mai !

Je vous remercie.

Vinciane Brunel-Vieira
Conseillère métropolitaine
Co-présidente du groupe Les Ecologistes

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