« C’est bien l’eau qu’il faut préserver en priorité » – Intervention de Benjamin BADOUARD 💧

M. le Président, cher·es collègues,

Tous les matins au réveil, pour nos repas, au milieu de la journée quand on en ressent le besoin : on fait ce geste simple qu’est de tourner un robinet, de remplir un verre d’eau, puis de le boire. 

Ce geste a une histoire, une histoire récente, une histoire technique du progrès, une histoire des inégalités d’accès à la ressource aussi, une histoire géopolitique. Une histoire de guerres, déjà aujourd’hui, et plus encore demain, si on ne considère pas l’eau comme un bien commun. Ce geste n’est pas donné, il est un privilège. Ce geste simple, ouvrir un robinet d’eau potable, est un des premiers combats des écologistes. 

Mais on le voit d’année en année, en Afrique, en Australie, en Asie… et même en France, l’eau potable commence à manquer, à se raréfier. 

Ici même dans notre région, les glaciers des Alpes fondent à vue d’œil. La CNR estime de 10 à 40% la baisse du débit du Rhône d’ici 2050. A ce moment-là il faudra choisir entre l’eau potable, l’irrigation, le refroidissement des centrales si nous en avons encore, et la navigation.

Nous le savons, l’eau douce devient précieuse parce que rare. Pour nos enfants, et même pour nous, nos générations, il faut recentrer les débats : bien plus qu’un terrain de golf, une mine d’or ou un centre commercial dernier cri, c’est bien l’eau qu’il faut préserver en priorité.

C’est ce que nous faisons, ici, à la Métropole de Lyon. Ce sujet a été un des marqueurs de notre campagne.

Une fois élu, Bruno Bernard a confirmé qu’il s’agissait d’une des 10 priorités du mandat.

L’engagement d’Anne Grosperrin et des services pour mener ce combat des biens communs est remarquable. Il aboutit aujourd’hui à la construction de cette régie publique et du cadre stratégique de préservation de la ressource.

Nous allons au-delà des principes : de la théorie, nous passons aux actes !

On l’a dit, on le fait.

Nous ne pouvons laisser la gestion de l’eau au privé, à des multinationales qui, au-delà d’employés compétents et investis, a pour but final le versement de dividendes pour leurs actionnaires.

Nous décidons ainsi, ensemble dans cet hémicycle, de reprendre la main et de mettre tout en œuvre pour protéger la ressource et pour diversifier les sources d’approvisionnements, dans l’intérêt général des habitant·es de la Métropole. 

Dans ce même intérêt, la politique tarifaire évoluera, avec une tarification solidaire pour les plus précaires et un prix de l’eau qui augmentera en fonction de la consommation.

Boire, cuisiner, se laver c’est indispensable, remplir sa piscine, ça l’est moins.

Nous, écologistes de la Métropole de Lyon et d’ailleurs, voulons nous questionner sur notre rapport au monde, sur ce qui nous entoure, sur notre environnement. 

Nous, élu·es politiques, avons choisi de traiter en priorité ce qui nous fait vivre tous les jours : l’air que nous respirons, la nourriture que nous mangeons, le toit qui nous protège.

Nous, habitant·es de la Métropole de Lyon, avons décidé de protéger notre bien commun qu’est l’eau.

Les droits au chômage, au logement, l’hôpital public, la retraite… Bien que ces mécanismes de sécurité sociale soient démantelés d’année en année, ils sont une fierté française.

Déjà, après un peu plus d’un an de mandat, la piétonnisation et l’apaisement devant les écoles c’est une fierté lyonnaise, le Revenu de solidarité jeunesse c’est une fierté lyonnaise, le retour de la nature en ville c’est une fierté lyonnaise. Très bientôt, le modèle de gestion public de la ressource en eau sera une nouvelle fierté lyonnaise.


Benjamin BADOUARD
Co-président du groupe « Les Ecologistes »

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