« Ce débat d’orientation budgétaire s’inscrit dans un contexte encore marqué par la crise sanitaire et son lot d’incertitudes » – Intervention de Corinne Subaï

M. le Président, chers collègues,

Monsieur Vincent, vous avez dit que “le quoiqu’il en coûte a bien fonctionné”, en voyant la situation de l’hôpital ou le coût pour les générations futures, permettez-moi d’en douter.

Monsieur le Vice-Président Artigny l’a rappelé, ce débat d’orientation budgétaire s’inscrit dans un contexte encore marqué par la crise sanitaire et son lot d’incertitudes. S’ajoute à cela la récente réforme de la fiscalité locale qui nous rend plus dépendant de l’évolution de la conjoncture économique, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), la cotisation foncière des entreprises (CFE) ou la TVA y étant directement liées. Aussi, si l’évolution de la crise sanitaire reste incertaine, ses répercussions économiques et sociales le sont également. La Métropole s’est ainsi pleinement engagée pour venir en aide aux plus démunis : en renforçant la lutte contre la grande pauvreté et le sans-abrisme, en créant le RSJ ou l’aide exceptionnelle aux dépenses de logement, l’ADEL.

Sur le plan économique, l’année écoulée s’est démarquée par une conjoncture relativement plus favorable et devrait permettre des résultats 2021 stables.

C’est la conséquence d’une bonne tenue à date de nos recettes fiscales : les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) témoignent du dynamisme de notre territoire, bien loin des prédictions peu fiables que certains ont pu faire.

C’est aussi la conséquence de la bonne dynamique de l’emploi et du tissu économique local, que nous accompagnons par un haut niveau de commande publique et d’investissements. La Métropole s’est pleinement mobilisée dans les politiques d’insertion professionnelle, notamment à destination des personnes les plus précaires et éloignées de l’emploi. Ces objectifs seront renforcés par le schéma de promotion des achats responsables (SPAR), que nous votons aujourd’hui, et qui constitue un réel levier de transformation écologique et sociale de l’économie de notre territoire. Le lancement du fonds d’amorçage industriel, le soutien aux acteurs de l’ESS et au commerce de proximité contribuent également à ces objectifs, tout en soutenant l’emploi local et non délocalisable.

Car c’est bien une relance vertueuse que nous voulons, pour répondre aux besoins du territoire en matière de transformation écologique et de justice sociale. Dans ce contexte incertain, nous faisons le choix de maintenir un effort d’investissement élevé pour accélérer cette indispensable transformation écologique et solidaire du territoire. Ainsi, les crédits de paiement pourraient atteindre cette année un niveau élevé à 600 millions d’euros et être reconduits à un niveau également très élevé en 2022, entre 650 et 700 millions d’euros, ce qui est assez rare pour un début de mandat. De la même manière, le volume d’AP pour 2022 devrait atteindre un niveau élevé, permettant ainsi de poursuivre et/ou de concrétiser de nombreux projets.

Aussi, un axe important du budget 2022 sera celui de la territorialisation des politiques métropolitaines, au plus près des habitants et de leurs besoins. Dans cette perspective, je voudrais saluer la nouvelle enveloppe de 10 millions d’euros qui sera ouverte en AP en 2022, en supplément de la PPI déjà votée. Elle permettra de concrétiser de nombreux projets communaux, cela témoigne de notre attention portée aux besoins des communes. Cette agilité de nos investissements est nécessaire. En septembre déjà, nous avions au travers de la décision modificative ajouté 53 millions d’euros d’investissements au profit des collèges.

Chers collègues, nous pouvons être fiers des nombreuses réalisations et politiques engagées par notre collectivité en seulement 18 mois, dont le déploiement va s’accélérer en 2022. Je pense par exemple à la nouvelle politique d’hospitalité, au service Free Vélo’v, à l’encadrement des loyers, à l’effort de rénovation et création de nouveaux collèges, à l’amplification d’Ecoreno’v, au Plan Nature, à la création de la Régie Eau, aux Voies Lyonnaises, à la collecte des biodéchets … Tous ces chantiers amélioreront concrètement la vie des Grand Lyonnais et Grand Lyonnaises.

Nous pouvons être d’autant plus fiers que cet effort d’investissement et de transformation du territoire ne se fait pas contre mais à la condition d’une gestion maîtrisée de nos finances. Cette cohérence permet d’ailleurs de conserver une bonne notation de la gestion financière de la collectivité.

Ainsi la gestion très active de la dette devrait permettre une réduction de son encours cette année 2021. Elle reste par ailleurs totalement sans risques, et nous pouvons nous réjouir de l’intégration prochaine de critères sociaux et environnementaux dans les produits financiers qu’ils proposeront à la Métropole.

Aussi, nous nous attachons à préserver l’autofinancement et donc notre capacité à investir. Cela passera notamment par un pilotage précis des dépenses de fonctionnement, pour dégager de nouvelles marges de manœuvres, et une maximisation des recettes provenant de nos partenaires. Nous espérons ainsi une mobilisation franche de l’État et de la Région dans le cadre du CPER (Contrat de Plan État – Région).

Chers collègues, malgré un contexte incertain, nous pouvons être fiers de la forte mobilisation de notre collectivité pour rendre notre territoire écologiquement et socialement plus résilient, tout en conservant une gestion financière pleinement maîtrisée.

Je vous remercie.


Corinne SUBAÏ
Conseillère métropolitaine

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