« L’approche monomodale des déplacements ne peut pas suffire à étudier les déplacements de façon satisfaisante » 🚗 – Intervention de Vincent Monot

Monsieur le président, chers collègues,

En effet, je vais quand même répondre. Le groupe droite, centre et société civile, comme le règlement intérieur le permet, de création d’une mission d’information et d’évaluation relative à, je cite, “la qualité et l’adaptation des infrastructures routières au regard des besoins de développement de la Métropole de Lyon”.

Je constate le peu d’intérêt que ces  élus portent eux même à cette demande, ayant tous et toutes déjà quitté notre conseil avant même la fin des débats. Je leur répondrai quand même mais je regrette ce manque de sérieux et de responsabilité.

Les échanges ayant eu lieu en commission déplacements et voirie  ont montré que votre demande ne pouvait être satisfaite en l’état et nécessitait d’être précisée et élargie. L’approche monomodale des déplacements ne peut en effet pas suffire à étudier les déplacements de façon satisfaisante et la dimension prospective évoquée, le développement de notre métropole, ne pourrait être traitée de façon satisfaisante par une telle mission d’information.  

Nulle volonté de notre part de brider le débat sur ces sujets importants, bien au contraire. M. Grivel hier regrettait des commissions durant parfois 3h, oui c’est parfois le cas, car c’est bien là que se tiennent des discussions riches et passionnantes qui nous permettent d’échanger et de débattre.

Ainsi de nombreux sujets abordés dans votre demande sont régulièrement traités en commission déplacement et voirie, et ont fait ou pourront faire l’objet de point d’information spécifique. Ce fut  par exemple le cas le 28 juin pour les ponts et les tunnels avec la présentation de la stratégie générale des ouvrages d’arts et les intentions d’interventions sur le mandat. Ce sera prochainement le cas aussi avec le bilan de la sécurité routière, la ville 30 et la Vision 0 poursuivie pour garantir la sécurité de tous et toutes sur les routes et rues de notre métropole.

Vous affirmez qu’une situation “de thrombose” se serait établie dans notre métropole, du fait d’évolutions de la répartition de la voirie routière entre les véhicules légers, les transports en commun et les pistes cyclables. Je n’entrerai pas ici dans un débat de fond mais il y aurait beaucoup à dire sur cette vision restrictive des mobilités, sur la situation des années précédentes, sur la désaffection des transports en commun post-Covid qui persiste ou encore sur l’urbanisme transitoire mis en place avec raison en fin de mandat précédent et pérennisé par le VP Fabien Bagnon pour renforcer les transports en commun et les mobilités actives. Là aussi toutes ces données pourront être préparées, étudiées, présentées et discutées en commission voirie. Nous sommes évidemment tout à fait d’accord,  si le temps des commissions n’y suffirait pas, à organiser des réunions d’échanges supplémentaires pour débattre sereinement de ces sujets.

Enfin, il y a dans votre demande un volet plus prospectif qui nécessite une approche multimodale, sans doute en requestionnant les hypothèses d’évolution démographique et économique du SCoT. Quelques années après le Plan de Déplacement Urbain établi en 2017 et à l’heure où l’établissement public SYTRAL et la Métropole vont engager le travail important du futur plan de mobilité, une telle mission de 6 mois n’a pas de sens.

Face à cette demande partielle, laissant craindre un travail quelque peu partial, la commission n’a pas souhaité rendre d’avis, renvoyant à des discussions ultérieures. Nous appelons donc aujourd’hui à rejeter cette demande inchangée et nous proposons de traiter les demandes d’information dans le cadre de la commission Déplacements et Voirie et d’aborder le volet prospectif dans le cadre des travaux du plan de mobilité auxquels le Conseil de Métropole et ses groupes politiques pourront être pleinement associés.

Merci


Vincent MONOT
Conseiller métropolitain

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