đźš´ « Par ce plan de stationnement vĂ©lo, nous allons tripler le nombre d’arceaux en ville et multiplier par 5 l’offre de stationnement sĂ©curisé » : Intervention de Matthieu VIEIRA – Conseil mĂ©tropolitain du 24 janvier 2022

Merci M. le président. Mes chers collègues,

9 millions de locations Vélo’v. 3,5 millions de passages sur les quais du Rhône au pont Wilson. 1,8 million sur le cours Gambetta. Les chiffres du vélo en 2021 dans notre Métropole sont historiques. Au total, 38 millions de déplacements ont été comptabilisés, une hausse de 21 % par rapport à 2020 et de 36 % par rapport à 2019.

Nos concitoyens l’ont bien compris, le vélo est un mode de déplacement extrêmement performant en agglomération, particulièrement face à la congestion inévitable de nos villes.

À ceux qui veulent de l’écologie scientifique, en voici : en 2019, une étude a mis en lumière les retombées bénéfiques du vélo, les évaluant à 18 ct€/km/passager, alors qu’à l’inverse la voiture a un coût négatif de 11 ct€/km.

L’augmentation du trafic vélo dans la Métropole est, nous en convenons, un véritable mouvement de fond qu’on observe plus largement. Mais par nos actions, nous avons la responsabilité de l’accompagner et de l’amplifier.

Nous avons pérennisé 100 km de coronapistes et lancé les Voies Lyonnaises pour offrir des infrastructures de qualité ; nous avons mis en place les Free Vélo’v pour prêter aux jeunes et étudiants gratuitement un vélo ; nous facilitons l’intermodalité avec l’emport dans le tramway… Bref, nos actions sont nombreuses et visent à faire émerger un système global et cohérent en s’appuyant sur un triptyque essentiel : création et la sécurisation des infrastructures, l’accompagnement des usagers, et les services proposés.

C’est sur ce dernier volet que la présente délibération concrétise nos engagements de campagne.

Par ce plan de stationnement vélo, nous allons tripler d’ici 2026 le nombre d’arceaux en ville pour le porter à 60 000. Et face au fléau que représente le vol de vélos et qui est malheureusement souvent dissuasif pour la pratique, nous allons multiplier par 5 l’offre de stationnement sécurisé. Ce seront 15 000 places d’ici la fin du mandat.

L’enjeu réside également dans la lisibilité et la facilité d’accès au service. En Commission Déplacements, notre collègue Michèle Vullien a d’ailleurs pris un exemple très parlant, celui de la gare d’Oullins où « cohabitent », si je puis dire, à quelques mètres le parc relais vélo TCL et celui TER. Mais ils ont des conditions d’accès différentes, des tarifs différents, si bien que l’un est très souvent vide, et l’autre très souvent plein.

C’est pourquoi nous proposons de rassembler sous une marque commune les différentes offres existantes, à court terme pour les équipements métropolitains et à moyen terme ceux des partenaires tels que l’AOMTL, la Région ou la SNCF. L’objectif est qu’ils puissent être accessibles avec un support existant tel que la carte Técély ou la carte Ourà. Nous instaurons également une tarification unique à partir du 1er août prochain dans tous les parcs métropolitains, avec des montants très abordables tel qu’un abonnement annuel à 60€, soit 5€ par mois.

Nous prendrons en compte les vélos dits spéciaux tels que les vélos cargos car ils sont amenés à se développer, notamment avec l’amplification de la ZFE. Alors, ne caricaturez pas, on n’a pas dit que tout le monde devait être sur un vélo. Mais pour beaucoup, des solutions existent et il est temps de changer de paradigme.

Car le tout-voiture est une impasse. Certains continuent pourtant d’y croire, nous reprochant d’être « dogmatiques et idéologiques ». Je ne crois pas que ce soit du dogmatisme que de mettre 2,6 milliards d’euros dans le plan de mandat du Sytral, qui n’avait jamais atteint un tel montant, et plus de 300 millions d’euros dans les modes actifs. Les mêmes milliards que certains souhaitaient investir dans un périphérique, un projet climaticide et dépassé.

J’ai entendu certains dire que nous devrions agir de manière je cite « raisonnée ». C’est bien ce que nous faisons ! Parce que la raison mes chers collègues, c’est voir les catastrophes naturelles qui s’enchaînent et le climat se dérègle. C’est voir la pollution de l’air tuer prématurément chaque année 40 000 personnes dans notre pays. Alors oui, agir de manière raisonnée, c’est prendre ses responsabilités et changer notre modèle de déplacement.

C’est le mandat que nous avons reçu des électrices et électeurs en juin 2020, et c’est que nous continuerons à faire dans les années à venir.

Je vous remercie.


Matthieu VIEIRA
Conseiller métropolitain

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