« 18 mois que nous prenons à bras le corps les enjeux de ce siècle » 🌎 : Intervention préalable de Benjamin BADOUARD – Conseil métropolitain du 24 janvier 2022

M. le Président, cher·es collègues,

Je vous souhaite, au nom du groupe des écologistes, à toutes et tous, élu·es, agents, habitantes et habitants de la métropole, une très belle année 2022, qu’elle soit pleine de sérénité, et de réussites personnelles et collectives.

Avant notre arrivée dans cet hémicycle il y a 18 mois, nous étions tout à fait conscients de l’âpreté de la vie politique, des confrontations d’idées, de projets, de visions, nous savions que nous ne naviguerions pas sur un long fleuve tranquille, qu’il faudrait se battre pour ses convictions, pour porter ses projets.

Mais il est vrai que c’est parfois surprenant, en tant que jeunes élu·es, nous qui avons encore de l’espoir en une certaine idée de la politique, de recevoir des leçons de démocratie, des leçons de concertation, d’exemplarité, d’éthique ou de quoi que ce soit de la part, principalement, d’un parti et de ces élus, qui rivalisent de prouesses et d’imaginations pour susciter affaires judiciaires, polémiques en tout genre et inaction totale sur les enjeux du siècle.

Mais passons.

Cela fait 18 mois. 18 mois que les habitant·es de la métropole ont choisi une majorité écologiste et de gauche pour mener la destinée de la collectivité. 18 mois que nous travaillons pour apporter des solutions du quotidien pour nos concitoyen·nes. 18 mois que nous prenons à bras le corps les enjeux pour préserver notre avenir. 

Et depuis cette année et demi, que vous le vouliez ou non cher·es collègues, la Métropole fonctionne ! Malgré les peurs surjouées pendant la campagne et les cris d’orfraies depuis des mois… la Métropole ne s’est pas écroulée, les chars verts et rouges n’ont pas envahi nos rues. Au contraire, notre collectivité fonctionne. Et, elle fonctionne bien. 

Avant d’y revenir, je souhaitais vous rappeler un chiffre et deux mots, que certains ont peut-être oubliés un peu vite.

Le chiffre c’est 173 milliards €. Il s’agit, d’après le dernier rapport d’Oxfam, de la richesse accumulée par les 5 plus grandes fortunes de France depuis le début de la pandémie. Ces 5 personnes ont doublé leur fortune en 19 mois, elles possèdent à elles seules autant que 26 millions de Français. Ces 173 milliards représentent quatre fois le budget de l’hôpital public, qui lui se meurt. 

Les deux mots sont “retombées cataclysmiques”. Ce sont les mots retenus par les milliers de scientifiques internationaux du GIEC en juin, pour exprimer les conséquences sur notre avenir sur cette planète, si rien n’est entrepris dès aujourd’hui face au dérèglement climatique. 

Face à ces constats, nous n’avons plus rien à espérer de ce gouvernement et de sa politique mortifère. Sur la solidarité, il est faible avec les plus forts, fort avec les plus faibles. Sur la question climatique… il n’est tout simplement pas question de climat. Merci quand-même pour la loi sur les touillettes. On sent que les enjeux ont été bien compris ! C’est quand-même de plus en plus difficile d’en rire.

Malgré ces constats sur le climat et les inégalités, dans cet hémicycle, on nous reproche tout un tas de choses. Mais cela fait partie du jeu démocratique, et c’est heureux que la parole soit libre. 

Pour autant il faudra nous préciser ce qu’on nous reproche.

A lire quelques interviews dernièrement : d’un côté nous agissons “à marche forcée”, et de l’autre nous ne faisons rien. D’un côté nous ne faisons que de l’écologie, et de l’autre nous ne sommes pas assez écologistes. Et parfois, tout ceci dans la même interview ! On en fait trop ou pas assez ? On est écologistes, ou pas écologistes ? Je ne comprends pas, mettez-vous d’accords. Peut-être que la critique n’est pas claire de votre côté car elle se confronte au réel de notre action. 

Vous pouvez appeler ça idéologie, dogmatisme, ou ce que vous voulez, et continuer à nous caricaturer pour vous rassurer, pour essayer de nous décrédibiliser. Mais ça ne rassure que vous, et face aux enjeux du siècle, on mesure vite qui est crédible ou pas. Notre action se base sur le bon sens, le réalisme, la science. Et jour après jour, pas après pas, nous avançons, avec toutes celles et ceux qui veulent participer à cette transformation, à cette transition, mais apparemment beaucoup d’entre vous n’en font pas partie. 

De notre côté, en regard de ce chiffre et de ces deux mots, nous avons décidé, nous, de nous indigner comme l’exhortait Stéphane Hessel, mais surtout nous avons décidé d’agir, nous avons décidé de faire.

Depuis un an et demi, nous avons lancé et enclenché la plus grande partie de notre programme sur lequel nous nous sommes engagés et pour lequel nous avons été élu·es. Nos élu·es sont au travail, ils agissent, pour le quotidien des habitant·es et pour préserver l’avenir. 

Piétonniser devant des écoles, c’est dès aujourd’hui des milliers d’enfants et parents qui retrouvent de la sérénité, de la sécurité, et c’est pour demain lutter contre les pollutions atmosphérique et sonore.

Soutenir les entreprises qui prennent des résolutions pour la transition écologique et sociale, c’est dès aujourd’hui répondre aux orientations que prennent déjà ces entrepreneurs, et c’est, pour demain, préserver durablement notre environnement.

Le Revenu de solidarités jeunes, que nous sommes les seuls à avoir mis en place en France, c’est dès aujourd’hui sortir ces jeunes de la détresse matérielle et psychologique, et c’est pour le futur leur permettre de retrouver fierté, dignité, et même ambitions personnelles et collectives. 

Ce nouveau budget et les délibérations proposées pour ce Conseil sont l’expression de cette double exigence temporelle, et sont mus par l’intérêt général. Chaque denier public est utilisé pour répondre aux enjeux de notre temps, chaque denier public est utilisé pour des projets qui changent en positif le quotidien des habitant·es, chaque denier public est orienté pour créer une métropole qui protège, qui prend soin, qui améliore la qualité de vie.

Oui, mesdames et messieurs, la Métropole fonctionne. Oui, nous avançons, nous faisons, nous sortons de cette impuissance politique qui nous gouverne depuis trop longtemps et qui nous fait croire que rien n’est possible. Les décisions que nous prenons depuis un an et demi apportent des réponses pour le quotidien des habitant·es de la Métropole tout en préservant l’avenir. A l’écoute des habitantes et des habitants, et avec eux, nous allons continuer à agir, nous allons continuer à faire.

Je vous remercie.


Benjamin BADOUARD
Conseiller métropolitain, co-président du groupe « Les Ecologistes »

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