Intervention préalable de Benjamin BADOUARD

M. le Président, cher·es collègues,

Je suis heureux, nous sommes heureux, avec le groupe écologiste, de vous retrouver après cette intense période d’actualités nationale et internationale. Heureux de mettre de nouveau l’attention sur les solutions que nous proposons pour les habitant·es de notre Métropole.

Un mot néanmoins en préambule pour féliciter les 14 nouvelles et nouveaux élu·es député·es du Rhône, les élus dans cet hémicycle, et notamment notre collègue Idir Boumertit. 

Un mot également, plus grave, sur la décision choquante de la Cour Suprême des Etats-Unis concernant les reculs sur l’IVG. Nous rappelons, nous écologistes, notre attachement inconditionnel aux droits des femmes, qui commence bien entendu, par leur liberté à disposer de leurs corps. 

Ce Conseil, mes chers collègues, me permet d’évoquer quelques actualités des dernières semaines, et de recentrer quelques débats :

  • Le mois de mai fut le plus chaud de tous les temps en France. A cet épisode s’est ajoutée une seconde canicule en juin, c’est inédit pour un printemps. Les conséquences s’en ressentent sur les récoltes et donc sur le pouvoir d’achat, et sur la santé des plus fragiles, notamment celle de nos aînés. Ces phénomènes s’amplifient, et ce n’est qu’un début.
  • En plus des canicules, nous avons vécu ces derniers jours d’autres épisodes météorologiques extrêmes. Les violentes rafales de vent, aussi soudaines qu’imprévues, sur la côte normande. Les orages, la grêle, les inondations, tout aussi soudains de ces dernières semaines. Ce sont encore une fois, principalement, les précaires qui en subissent les conséquences. Ces phénomènes s’intensifient, et ce n’est qu’un début.
  • Dans un autre domaine, vous le savez peut-être, le prix des pâtes a augmenté de 20% en moyenne ces six derniers mois, non en raison de la guerre en Ukraine, mais du fait du dôme de chaleur qui a cramé le Canada l’année dernière. 70% du marché mondial des pâtes passant par ce pays, les prix en ont été automatiquement impactés. Quand on vous dit que le dérèglement climatique accroît les inégalités… c’en est un exemple criant. C’est justement un cri d’alarme de la nature, avec des conséquences sur nos vies, et ce n’est qu’un début.

Le climat se dérègle, et ce n’est qu’un début. Ce n’est qu’un début si les personnes qui gouvernent n’agissent pas. 

Le sujet n’est pourtant pas nouveau. Le rapport Meadows, sur les limites de la croissance infinie sur une planète finie, a cette année 50 ans. 50 ans que les gouvernants connaissent les problèmes, les risques, les conséquences. 50 ans que les initiatives pour endiguer ces catastrophes à venir sont quasi inexistantes. 50 ans de cécité et d’inaction de vos gouvernements.

Le climat politique s’est déréglé aussi, ces dernières semaines, avec des séquences qui nous ont particulièrement choquées.

Je vous le dis clairement, c’est indigne de la part de vos partis de mettre au même niveau gauche, écologiste, et extrême droite. C’est indigne de ne pas choisir. C’est signe de faiblesse, de panique. C’est surtout le signe que vos partis ont perdu leur boussole.

Dans l’entre-deux tours de la Présidentielle, nous écologistes, avons sû faire la part des choses. Nous avons fait campagne contre Le Pen, pour Macron. Nous l’avons assumé, bien qu’il soit un adversaire politique. Aujourd’hui vos partis sont perdus dans les méandres de la complaisance électoraliste, et malheureusement je le crains, idéologique… c’est grave.

La gauche et les écologistes, nous serions le danger car nous mettons en place les mesures répondant aux alertes de la communauté scientifique mondiale ? Nous serions anti-républicains car nous affirmons que chacun doit trouver sa place dans notre pays ? Nous serions le péril rouge car nous proposons aux multi-millionnaires et milliardaires d’être solidaires ? Par contre, cela ne semble pas gêner certains partis de se rapprocher idéologiquement et concrètement de l’extrême droite, de son combat principiel contre les immigrés qui font l’histoire de notre pays, de son absence structurelle de pensée sur la question écologique et donc de l’avenir de l’humanité, de ses votes antisociaux comme on le voit dans toutes les instances où ils sont présents.

Beaucoup, à Renaissance, ont été socialistes, ils discutent désormais avec l’extrême droite et parlent comme eux, de « mono-ethnicité ». Beaucoup de droite ont été chiraquiens, lui avait cherché, au moins sur le papier, à créer une digue avec le Front National, ils embrassent désormais une bonne partie de leurs idées. Et que la droite abandonne la culture, comme le fait le président de Région, c’est là aussi un renoncement moral.

Oui, c’est beaucoup simple de jouer sur les peurs, de diviser, de marquer les différences pour en sortir une majorité. Et je vous le confirme, c’est beaucoup plus compliqué de créer de la confiance en interpellant sur les sujets qui, que vous le vouliez ou non, sont ceux qui décideront de l’avenir de l’humanité sur notre seule planète habitable. C’est difficile mais nous ne fuyons pas le combat.

Chers collègues, gouverner c’est prévoir. Gouverner c’est agir maintenant, en ayant en tête les conséquences de nos décisions actuelles sur les générations futures.

Chers collègues, je suis fier, nous sommes fiers, nous élus écologistes, de ce que nous accomplissons depuis notre arrivée il y a deux ans, pour répondre à ces enjeux de court et de long terme, de solidarité et de démocratie. 

Malgré les peurs relayées, malgré les critiques infondées et stériles, sur notre soi-disant incompétence, sur la dangerosité de nos politiques… Nous sommes au rdv, pour les habitantes et habitants de la Métropole. 

La preuve en acte :

Pour le climat, nous accélérons : doublement du budget des transports en commun, quadruplement du budget agriculture et alimentation, Plan Nature le plus ambitieux de France…

Pour les solidarités, nous innovons : avec le Revenu de solidarité jeunes qui aide ET réinsère, avec les nouvelles formes d’hébergements que sont les tiny houses pour renforcer l’accueil des mères isolées avec enfants en bas âge, avec 1500 personnes mises à l’abri en 2021, avec les 150 000 abonnements TCL passés gratuits ou à 10€ pour les plus précaires… Un dernier chiffre sur la solidarité : vous avez pu l’observer dans le compte administratif de 2021, nous mobilisons 80 M€ de plus pour les dépenses sociales qu’en 2019. 

Pour l’économie, nous avançons en synergie avec le tissu économique, avec des mesures vertueuses, où chacun y trouve son intérêt : entreprises, collectivités, habitants, et notre environnement. 

Vous me direz, nous dépensons beaucoup ! En effet, en 2021, nous avons investi 610 M€ sur le terrain, le plus haut niveau d’investissement pour une première année de mandat. Pour 2022, nous partons sur 705 M€, là aussi un nouveau record. Mais au-delà de dépenser, c’est surtout investir pour une Métropole plus vivable, dans l’intérêt de toutes et tous. Nous dépensons certes, mais je vous rassure, dans le même temps, notre capacité de désendettement est passée de 4 ans à 3 ans. Alors oui, nous sommes fiers de savoir bien gérer la Métropole, avec des investissements ambitieux et une gestion responsable. 

Chers collègues, même si cela doit en irriter certains aux entournures, les faits sont là : budget, écologie, économie, solidarité… Nous sommes au rdv. Et les électeurs ne s’en sont pas trompés : nous passons, pour la Métropole de Lyon, de 0 à 4 députés.

J’ai parlé de fierté auparavant. Mais c’est plus simple que cela. Nous faisons simplement les choix qui devraient s’imposer à tout politique qui agit pour l’intérêt général, qui agit pour la vie de la cité. 

Nous sommes conscients du monde qui nous entoure, nous agissons en conséquence. 

Je vous remercie.

Benjamin BADOUARD
Conseiller métropolitain
Co-président du groupe Les Écologistes Grand Lyon Métropole

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