POUR DES LENDEMAINS QUI RESPIRENT : Une Zone à Faibles Émissions ambitieuse et juste

POLLUTION DE L’AIR : L’INACTION TUE !

En France, la pollution de l’air tue toujours, avec au moins 40 000 décès prématurés chaque année (Santé Publique France). Elle rend malade aussi, particulièrement les plus fragiles d’entre nous : maladies chroniques, maladies cardio-vasculaires, cancers… Une nouvelle étude du Centre Léon-Bérard vient d’ailleurs d’établir un lien entre l’exposition à cinq polluants de l’air et un risque accru de cancer du sein. Sans oublier non plus sa nocivité pour les écosystèmes et la biodiversité. À Lyon, la pollution de l’air coûterait 585 millions d’euros chaque année, soit 1134 euros par personne et par an (CE Deft, 2020).

Transports, chauffage, agriculture, industries : les sources de la pollution de l’air sont multiples. Une action globale est donc nécessaire pour en venir à bout et garantir le droit de chacun·e de vivre en bonne santé. Des solutions existent, et nous les mettons en oeuvre localement : accélération des rénovations thermiques avec Ecoreno’v; remplacement des vieilles cheminées et poêles à bois, avec le renforcement de la Prime Air Bois, lancement d’un fonds d’amorçage industriel pour favoriser l’émergence d’une industrie écologiquement plus vertueuse, ou encore lancement d’une stratégie agricole pour soutenir le développement d’une agriculture biologique.

LA ZFE : UNE OBLIGATION LÉGALE POUR LUTTER DURABLEMENT CONTRE LA POLLUTION DE L’AIR

Sous la menace de sanctions pour son inaction dans la lutte contre la pollution de l’air, l’Etat français a finalement rendu les ZFE obligatoires et fixé un calendrier à respecter.

Dans la Métropole de Lyon, la ZFE a été approuvée dès 2019 à l’unanimité des groupes politiques. Elle s’est d’abord appliquée aux véhicules professionnels Crit’Air 5, 4 et 3. Au regard des obligations légales nouvelles, et pour respecter au plus vite les seuils réglementaires de qualité de l’air, le Conseil de la Métropole a approuvé dès mars 2021 l’extension progressive de la ZFE.

En retirant progressivement les véhicules anciens et polluants, la ZFE permet de lutter durablement contre cette pollution routière, non pas en faisant disparaître la voiture mais en rendant la flotte plus propre. Elle vise surtout les oxydes d’azote et les particules fines qui, dans la Métropole, proviennent pour environ 60% et 15% du trafic routier. Ce sont aussi deux polluants pour lesquels l’agglomération lyonnaise ne respecte toujours pas les seuils réglementaires.

UNE CONCERTATION INÉDITE EN FRANCE POUR UNE ZFE

Pour une ZFE juste et efficace, nous avons fait le choix d’une large concertation préalable. Une concertation innovante aussi, avec un panel citoyen et la constitution d’un groupe d’usager·es test. Pendant plus de 14 mois, nous sommes allés à la rencontre des professionnels, des particuliers et des communes, pour mieux appréhender les contraintes, les attentes, les cas particuliers et les inquiétudes de chacun·e. Aujourd’hui, ce sont plus de 30 000 contributions issues de 7000 participant·es qui nous permettent de préciser et d’améliorer le dispositif de ZFE.

L’INACTION A TROP DURÉ : NOUS PRENONS NOS RESPONSABILITÉS

Début 2020, 247 ZFE existaient déjà en Europe … et seulement 5 en France !

Nous prenons aujourd’hui nos responsabilités, pour une ZFE efficace et acceptable. Nous faisons le choix pragmatique de deux périmètres différenciés, avec un juste niveau de contrainte en fonction de l’offre de transports en commun et d’alternatives à la voiture individuelle. Dans le périmètre élargi, la contrainte sera donc moins forte.

Nous faisons aussi le choix d’un calendrier juste, parfaitement aligné sur le calendrier légal, avec même un an de décalage dans le périmètre élargi, et des phases pédagogiques préalables à chaque étape. Aucune précipitation donc, mais une urgence : rattraper le conséquent retard dans la lutte contre la pollution de l’air, qui doit maintenant se traduire en actes !

Nous fixons donc un cap ambitieux et réaliste : la fin des diesels, et donc des Crit’Air 2, du périmètre central d’ici 2026. Cette étape supplémentaire est indispensable pour améliorer significativement la qualité de l’air et renforcer les gains de santé. À eux seuls, les diesels sont responsables de près de 50% des émissions d’oxydes d’azote. Même récents, ils restent très polluants à froid et sur les premiers kilomètres. En ville, où les trajets sont souvent courts, leur utilisation est un non-sens sanitaire.

UNE ZFE JUSTE, QUI ACCOMPAGNE ET DONNE LES MOYENS DE LA TRANSITION

Nous faisons le choix d’une ZFE juste, une ZFE qui redonne la liberté de choisir sa mobilité. Les foyers les plus modestes, souvent contraints de vivre à proximité des grands axes routiers, sont les premières victimes de la pollution de l’air. La ZFE doit réparer cette injustice et donner les moyens de la transition pour ne laisser personne de côté.

Avec des aides financières élargies : 70% des foyers, les plus modestes, pourront en bénéficier, quand les aides de l’Etat ne s’adressent qu’à 50% de la population. Elles faciliteront l’acquisition d’un véhicule à faibles émissions ou le financement d’un abonnement aux transports en commun, la location d’un vélo ou des trajets en autopartage. Pour donner à chacun·e le temps de s’adapter, des dérogations sont possibles. Ce sont par exemple 70% des Grands-Lyonnais·es, les plus modestes, qui pourront bénéficier de 2 ans supplémentaires pour s’adapter à la sortie des Crit’Air 2. Avec l’Agence des mobilités, chaque Grand-Lyonnais·e impacté·e par la ZFE peut bénéficier d’un accompagnement et d’un conseil en mobilité.

Pour redonner du choix et améliorer la mobilité de toutes et tous, la Métropole s’engage de manière inédite dans le développement des alternatives à la voiture individuelle. Moins coûteuses, elles redonnent du pouvoir d’achat tout en réduisant nos émissions de CO2. Les renforcer, c’est aussi agir pour plus de justice sociale puisqu’un tiers des foyers de la Métropole, particulièrement les plus démunis, ne possèdent pas de véhicule.

Pour renforcer l’offre de transports en commun, nous avons doublé les investissements du SYTRAL pour ce mandat, à 2,55 milliards d’euros ; cela n’avait jamais été fait.

Pour faciliter la mobilité des plus pauvres, nous avons instauré la gratuité et renforcé la tarification solidaire des TCL, qui bénéficient aujourd’hui à plus de 150 000 Grands-Lyonnais·es ; cela n’avait jamais été fait.
Nous mobilisons 500 millions d’euros sous ce mandat en faveur des mobilités actives, dont la marche et le vélo, que les Grands-Lyonnais·es sont toujours plus nombreux·euses à pratiquer ; cela n’avait jamais été fait.

La Métropole s’engage aussi dans le développement du covoiturage, de l’autopartage, dans l’installation de bornes de recharge électriques.

Respirer un air sain ne doit plus être un luxe. C’est un droit élémentaire. Nous refusons de léguer comme héritage aux générations futures un air qui tue et qui rend malade. L’inaction a trop longtemps duré ! Contre cette injustice sanitaire et sociale, nous faisons aujourd’hui le choix responsable de lendemains qui respirent.

Participez à la concertation sur jeparticipe.grandlyon.com



Benjamin BADOUARD et Vinciane BRUNEL-VIEIRA
Co-président·es du groupe Les Écologistes

Modification du PLU-H – Conseil métropolitain du 21 novembre 2022

Cher·e·s collègues, 

La 27è Conférence des Nations-Unies sur le Climat a joué les prolongations jusqu’à dimanche. 

Conclusion : la trajectoire du réchauffement est toujours de +2,5 degrés malgré l’accord sur la justice climatique pour l’aide aux pays pauvres et le financement des pertes et dommages subis. L’ambition n’a pas été au rendez-vous.

Trente ans de sommets climatiques et souvent autant de déceptions quant aux volontés politiques réelles d’agir collectivement, avec des engagements forts.

Mais pourrait-il en être autrement ? car plus le bateau est gros, moins il est agile aux mouvements de la barre.

C’est pourquoi les écologistes défendent depuis toujours la multiplication des actions à toutes les échelles, c’est pourquoi nous demandons une hausse des moyens des collectivités pour qu’elles puissent déployer l’ensemble de leurs capacité pour pousser le gros navire sur ces enjeux. Et tous les capitaines savent bien, que plus on attend pour virer de bord, moins on a de chance d’éviter l’écueil. 

C’est pourquoi n’avons pas attendu pour démarrer la mise en œuvre d’indispensables politiques publiques d’adaptation. 

La modification du PLUH que nous votons aujourd’hui est un maillon de ce nouveau modèle de métropole que nous voulons construire, en cohérence avec l’ensemble de nos politiques. Pour la première fois, l’importance de ce qui se joue au cœur d’un outil technique aura fait l’objet d’une large concertation préalable. 

80% des points de modification portent sur des questions environnementales, répondant ainsi aux demandes des habitants exprimées pendant la concertation, tant est forte l’aspiration à un territoire plus agréable à vivre, plus végétalisé et mieux adapté au changement climatique.

Cette aspiration de nos concitoyens résonne avec une véritable crise de modèle qui a engendré la flambée des prix immobiliers,  la tension sur le foncier, les fractures à l’intérieur de la ville et avec les territoires extérieurs et la montée des inégalités, les effets d’une bétonisation mal vécue, les problèmes de pollution, l’insuffisance des infrastructures publiques, et enfin et non des moindres, une inadaptation aux enjeux climatiques. 

Nous avons donc besoin d’enclencher le changement de vision, de rééquilibrer les territoires, de cibler là où il faut densifier, là où il faut protéger. 

Tout ceci est très pragmatique : nous avons des objectifs, nous déclinons en actions

  • Nous voulons une ville qui laisse davantage place à la nature et à la biodiversité et plus adaptée aux changements climatiques

Donc nous avons classé 84 ha supplémentaires en zone agricole et naturelle, avec aussi de nouveaux espaces végétalisés et boisés. Nous avons augmenté les coefficients de pleine terre pour les nouvelles constructions dans les zones urbaines, qui permettent la libre infiltration des eaux pluviales dans les sols et les plantations d’arbres en pleine terre. Nous permettons également l’implantation de fermes urbaines dans la Métropole.

C’est cohérent avec le Plan Nature, c’est cohérent avec notre politique de ville perméable, c’est cohérent avec notre plan d’actions en faveur de l’agriculture et de l’alimentation locale.

  • Nous voulons une ville plus sobre en carbone, où les choix de mobilités alternatives à la voiture individuelle sont encouragés

C’est donc ce que permettent les emplacements réservés, pour de futurs aménagements cyclables. C’est ce que permet le doublement des capacités de stationnement vélo dans les constructions neuves. C’est ce que permet aussi la réduction des normes de stationnement de véhicules particuliers dans les secteurs les mieux desservis par les transports en commun, à Lyon-Villeurbanne. C’est enfin ce que permet la densification autour des gares. 

C’est cohérent avec notre politique climat, avec la création des Voies Lyonnaises, avec le doublement du budget du SYTRAL en faveur des transports en commun.

  • Nous voulons une ville plus solidaire, accessible à toutes et tous, avec des logements plus abordables et confortables. 

Nous avons évoqué nos objectifs en matière de logement social. C’est aussi ce que permet la création de nouveaux secteurs de mixité sociale et le renforcement de secteurs déjà existants, pour cibler des territoires où nous devons monter en charge en matière de construction de logements abordables. C’est ce que permet aussi l’application élargie d’une taille minimale pour les logements, pour limiter les petites surfaces onéreuses et peu confortables, ainsi que nos objectifs renforcés de lutte contre le logement indigne. 

C’est pleinement cohérent avec notre politique de logement dans son ensemble, nos engagements en faveur de la réhabilitation, nos politiques de solidarité.

  • Enfin, nous voulons une ville plus équilibrée, où les activités économiques se répartissent sur l’ensemble de la Métropole, et sont confortées dans les cœurs de ville

C’est ce que permet la création et la modification de “secteurs de mixité fonctionnelle”, favorisant l’implantation d’activités. C’est ce que permettent les modifications pour conforter les linéaires artisanaux et commerciaux dans 12 communes du territoire. 

C’est là aussi pleinement cohérent avec notre politique de développement économique et notre refus d’une hyper-concentration en cœur de métropole.

Cette politique est pertinente et réaliste, à la hauteur des enjeux actuels permettant constructibilité et mobilité avec une nouvelle manière de construire et de se déplacer. Il ne faut pas confondre, par ailleurs, les difficultés conjoncturelles du secteur de la construction (que l’on retrouve au niveau national dans de nombreuses villes) et les conséquences structurelles de nos politiques. Quant aux restrictions de stationnement privatif dans le logement pour les véhicules particuliers, je rappelle qu’elles concernent les zones denses où nous disposons d’une offre importante de transport en commun, à proximité des lignes de métro et de tramway.

En tant que puissance publique, notre priorité doit être de favoriser autant que possible l’adaptation de notre territoire face aux bouleversements en cours et à venir,  pour garantir le bien-être et la santé des populations. C’est l’objectif qui nous guide. 

Nous voterons pour cette délibération.

Je vous remercie.

Vinciane BRUNEL-VIEIRA
Co-présidente du groupe LES ÉCOLOGISTES GRAND LYON

Hommage à Samuel Paty

Lundi 17 octobre 2022, Vinciane Brunel Vieira, Co-Présidente de notre groupe Les Écologistes Grand Lyon a participé à l’hommage de Samuel PATY au collège du Tonkin à Villeurbanne, en présence de Sonia Tron, adjointe à l’Education.

Tout d’abord je souhaitais remercier M. le Principal de l’invitation à participer à cet hommage, avec vous, professeurs, personnels encadrants, élèves.

En tant qu’élu.es de la République, Métropole et Ville de Villeurbanne, nous sommes très honoré.es de rendre hommage à la mémoire de Samuel Paty.

Cet enseignant – ce héros du quotidien – une de ces personnes qui œuvrent à l’unité au travers de l’exercice de sa mission, fut victime d’un acte d’une violence – d’une horreur inqualifiable, perpétrée par un adolescent de 18 ans.

Cela nous rappelle à nos obligations et aux valeurs sur lesquelles nous avons fondé notre république. La liberté d’expression et la tolérance, fondements de notre pacte social, s’apprennent en effet à l’école de la République, notamment par le débat et la controverse encadrés par les règles démocratiques.

Robert Badinter disait d’ailleurs « Dans le corps enseignant aujourd’hui, il y a des femmes et des hommes qui s’exposent pour nous, pour la République et qui tiennent bon, sur les valeurs essentielles sans lesquelles la République n’existe plus et n’a aucune chance de connaitre le bonheur de vivre dans un Etat de liberté »

Oui, les enseignants permettent, par leur courage tranquille et quotidien de garantir à toutes et tous une égale considération et d’en appeler au même respect.  Ce sont aussi toutes celles et tous ceux qui les épaulent dans cette tâche centrale, direction, conseillers principaux d’éducation, accompagnants scolaires, surveillants, personnels administratifs et techniques, mais aussi avec l’appui des parents. Une communauté éducative au sens large, qui permet à plus de 12 millions d’élèves de s’instruire et de se construire chaque année.

Pour assurer ses missions, et continuer à former les élèves à la citoyenneté et au vivre ensemble, l’école publique, gratuite, laïque, a besoin du soutien constant de l’ensemble des institutions, Etat et collectivités locales.

Les partenariats entre les acteurs, la solidarité et la recherche de solutions collectives restent nos ressources dans un contexte économique et social compliqué.

Car encore aujourd’hui, notre pays traverse des moments difficiles : crise économique, mouvements sociaux, défiance envers le politique et les institutions, montée de l’extrême-droite partout en Europe. 

Alors plus que jamais restons vigilants, n’oublions pas Samuel Paty, gardons toujours à l’esprit cette phrase, que l’on attribue au philosophe musulman Averroès :

« L’ignorance mène à la peur. La peur mène à la haine et la haine conduit à la violence.»

Nous le savons rien n’est acquis et nous devrons, et la jeunesse devra, continuer à se battre pour garantir les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité.

Je vous remercie.

Référentiel habitat durable pour la qualité environnementale dans la construction de logements – Intervention de Valérie Roch

Cher Président, cher·es collègues,

Le secteur du bâtiment représente à lui seul 43 % des consommations énergétiques annuelles en France et génère 23 % de nos émissions de gaz à effet de serre. Il pèse lourdement dans la balance pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris et limiter le réchauffement climatique à +2°C. Par ailleurs, nous venons de traverser un été qui nous a plus que jamais montré les conséquences directes du changement climatique. Un été qui nous a aussi montré que nous ne sommes pas tous égaux face à ces réalités. La fréquentation des parcs et jardins, en particulier celui de la Tête d’Or en est l’illustration, et la seule possibilité pour les personnes ne pouvant partir en vacances de se rafraîchir sous les arbres. S’ajoute à cela la hausse des coûts de l’énergie, particulièrement inquiétante en ce moment, pour conférer au secteur du bâtiment une responsabilité inédite. Il doit plus que jamais contribuer à l’atténuation du changement climatique et à l’adaptation.

Le référentiel habitat durable pour la qualité environnementale dans la construction de logements est l’un des outils dont dispose la Métropole pour agir.  Sa précédente version datait de 2005 et, même si elle avait été mise à jour, elle nécessitait d’être profondément remaniée compte tenu des enjeux actuels

Ce référentiel permet de fixer des critères d’éco-construction pour la production de logements neufs, pour des opérations impliquant la collectivité à des degrés divers : sur du foncier métropolitain, pour des opérations d’aménagement initiées par la Métropole – comme des ZAC, dans le cadre des Projets Urbains Partenariaux, pour la production de logement social, pour des ventes en l’état futur d’achèvement. Concernant plus particulièrement le logement abordable, nous souhaitons donc en produire non seulement davantage, mais aussi de meilleure qualité.

Pour ces opérations, qui représentent une part non négligeable des logements produits dans la Métropole, les critères de performance énergétique ont été revus pour prendre en compte le nouveau cadre posé par la réglementation et augmenter le niveau d’ambition. Pour diminuer le bilan carbone des opérations, le recours au réemploi, aux matériaux biosourcés et géosourcés sera encouragé. Le confort d’été, notamment lors des vagues de chaleurs, sera augmenté, en plus du confort d’hiver. Enfin, une attention sera portée à la qualité de l’air intérieur et aux équipements pour la gestion des déchets.

Ces différents critères dessinent ce que sera la construction de demain. Ils sont en cohérence avec l’ensemble de nos politiques : le renforcement du dispositif ECORENO’V, un urbanisme plus respectueux de l’environnement, la lutte contre la précarité énergétique, un soutien aux initiatives d’économie circulaire sur le territoire.

Ainsi, la Métropole est pleinement dans son rôle, en tant qu’acteur public, et au service de la transition écologique et solidaire du territoire : nous mobilisons les acteurs locaux ; nous les concertons pour construire ce référentiel – et cette concertation se poursuivra aussi dans la mise en oeuvre ; nous impulsons de nouvelles pratiques qui pourront ensuite se diffuser, qui permettent le développement de nouvelles filières locales, créatrices d’emploi.

Nous voterons pour cette délibération. Je vous remercie


Valérie Roch
Conseillère métropolitaine

Projet de Territoire à Porte du Sud- Intervention de Véronique Giromagny

Cher Président, chers collègues,

Cette deuxième délibération sur les projets de territoire concerne la Conférence Territoriale des Maires Porte du Sud. Pour mémoire, cette CTM rassemble des communes situées au sud de la Métropole, à sa périphérie : Saint-Fons, Vénissieux, Corbas, Feyzin, Solaize.

On peut se demander de prime abord – et à juste titre – ce qui réunit ces communes de banlieue et du périurbain, avec des réalités urbaines, géographiques, paysagères bien différentes. Pourtant nos communes travaillent ensemble depuis des années, et je profite de l’occasion qui m’est donnée pour remercier mes collègues des communes de Porte du Sud ici présents. Et ce projet de territoire a permis de poursuivre et d’approfondir ces coopérations.

Les 7 axes proposés dans le Pacte de cohérence métropolitain sont une invitation à la coopération à deux niveaux : entre les communes et la Métropole d’une part, entre les communes d’autre part. Coopérer c’est dialoguer, additionner nos forces, recréer du commun. Cela demande du dialogue, cela demande de trouver des points de convergence. Ici on voit que ça marche.

Avec le projet de territoire, les communes de Porte du Sud ont en effet partagé des enjeux communs, comme la revitalisation des centres-villes. C’est le projet de restructuration de la place Sublet à Vénissieux qui a été retenu. Les communes ont pu créer du commun avec le projet de liaisons entre les poumons verts du territoire – des liaisons vertes qui seront profitables pour la biodiversité comme pour les promeneurs. Les espaces naturels présents dans nos communes sont des biens communs, une composante essentielle pour un cadre de vie de qualité. Nous pouvons citer par exemple le plateau des Grandes Terres, qui s’étend sur plusieurs communes, et qui permet aux communes, depuis de nombreuses années, de travailler ensemble. Le projet de liaisons vertes nous permettra d’aller plus loin. Enfin, nous avons partagé autour des enjeux d’alimentation, d’agriculture et d’équipements publics, avec un projet de cuisine centrale intercommunale, qui permettra de valoriser nos productions locales. La Métropole s’engage à hauteur de 6,5 millions d’euros pour l’ensemble de ces projets.

A travers ces projets, les communes dialoguent, co-construisent, et prennent leur part dans la transition écologique et solidaire du territoire métropolitain.

La coopération entre communes et Métropole continue à se construire, pas à pas, loin des polémiques. Les communes y gagnent, la Métropole y gagne, les habitantes et les habitants aussi et c’est le plus important.

Nous saluons le travail réalisé par Hélène Geoffroy et les différents VP sur ce dossier, le travail réalisé par les communes et les services de la Métropole.

 Nous voterons pour cette délibération.


Véronique GIROMAGNY
Conseillère métropolitaine

Projet de Territoire à Lyon – Intervention de Grégory DOUCET

Cher Président, cher·es collègues,

Cette délibération intervient un an après la signature du Pacte de cohérence métropolitain. Nous avons validé lors du conseil de juin dernier deux premiers projets de territoire pour les CTM Rhône Amont et Villeurbanne. Et aujourd’hui après celui de la CTM Porte du Sud, c’est bien de celui de Lyon dont il est question.

Avec cette délibération, nous avons un nouveau témoignage de la coopération de la Métropole avec les communes, et du travail qui est engagé dans les Conférences Territoriales des Maires.

Pour Lyon, deux considérations principales ont conduit aux choix opérés par la CTM : avoir des actions opérationnelles rapidement et contribuer significativement à notre projet de transition écologique et solidaire ainsi qu’à notre ambition de neutralité climatique pour 2030.

Le projet de territoire va permettre, à hauteur de 30 millions d’euros, de conduire des projets avec les établissements scolaires, en faveur des modes actifs, de la nature en ville, de l’alimentation ou encore en faveur de l’économie locale, de l’insertion et de l’emploi.

Un exemple pour illustrer : celui des cours nature, qui s’inscrit dans notre projet de ville des enfants visant notamment à offrir une nature accessible à toutes et à tous. La démarche est ambitieuse, la ville visant le réaménagement de 152 cours d’écoles et de crèches d’ici 2026.

Cette démarche au bénéfice des enfants vise 3 objectifs :

  • favoriser le contact quotidien avec la nature pour les enfants et leur offrir un nouveau support éducatif
  • diversifier les usages et pratiques en faisant des cours des espaces plus inclusifs et apaisés
  • participer au développement de la nature en ville : apporter de la fraîcheur, améliorer de la qualité de l’air, développer la biodiversité.

Ce projet répond également à plusieurs enjeux forts portés par la Métropole : je pense en particulier au PCAET ou au Plan métropolitain Santé Environnement.

Pour mener à bien cette démarche ambitieuse, les crédits métropolitains issus du projet de territoire sont donc particulièrement essentiels.

Un certain nombre d’actions de coopération entre la ville et la métropole a également été retenu à travers 14 actions de coopération, en matière par exemple de propreté-nettoiement mais aussi d’action sociale.

La coopération, c’est une mobilisation des compétences communales, notamment pour les écoles, la voirie et les espaces publics. Nos collectivités additionnent leurs forces pour renforcer l’efficacité de l’action publique.

Pour terminer, Mme la Vice-Présidente, chère Hélène, je tiens encore une fois à vous remercier pour votre implication et pour le travail conjoint que nous avons pu mener pour aboutir au vote aujourd’hui de ce projet de territoire de Lyon. Merci encore pour les efforts que vous avez réalisés.

Bien évidemment nous voterons cette délibération.

Je vous remercie.

Grégory DOUCET
Conseiller métropolitain et Maire de Lyon

280 millions d’euros consacrés aux Voies Lyonnaises d’ici 2026 – Intervention de Florence DELAUNAY

Mr le Président, chers·es collègues,

Est-il encore nécessaire de revenir sur l’été dramatique que nous avons vécu ? Vagues de chaleur à répétition, sécheresse d’une violence inouïe, incendies jamais aussi nombreux … Les événements climatiques extrêmes qui se multiplient, qui ne laissent pas indifférent·e. La prise de conscience – bienvenue ! – appelle maintenant des réponses fortes, concrètes, rapides.

Nous savons aujourd’hui qu’il nous faut repenser en profondeur nos modes de vie : notre alimentation, nos habitudes de consommation et nos déplacements, pour lesquels nous devons réduire nos besoins en énergies fossiles.

C’est bien cette volonté qui guide ici, à la Métropole de Lyon, nos actions, pour mieux s’adapter demain au dérèglement climatique, pour lutter contre ses causes : avec le plan nature par exemple, en investissant dans la sobriété énergétique, en promouvant un nouvel urbanisme, en doublant nos investissements dans les transports en commun.

Mais aussi en investissant de manière inédite en faveur des mobilités actives – dont les bénéfices ne sont plus à démontrer : neutres en carbone, excellentes pour la santé humaine, plus silencieuses, avec un impact moindre sur l’espace public. Soutenir leur développement, c’est aussi s’engager concrètement contre la pollution de l’air, pour la santé des Grands-Lyonnais.es. Car oui, nous ne pouvons pas nous satisfaire que la pollution emporte prématurément chaque année, en France, 40 000 vies. Nous ne pouvons pas non plus nous satisfaire de l’explosion des maladies chroniques qui en résulte. C’est une urgence sanitaire. 

Les solutions, elles existent, et les Grands-Lyonnais·es sont demandeurs·euses : l’enchaînement des records dans la pratique du vélo le montre. Ce sont au bas mot 38 millions de déplacements comptabilisés en 2021, soit une hausse de 21%, c’est inédit, et en hausse constante depuis 10 ans.

Nous répondons à ces attentes et  nous accompagnons ce changement : en déployant le stationnement vélo, en soutenant les ateliers d’autoréparation, en renforçant la prime d’aide à l’achat, en créant les FreeVélo’v, en concrétisant aussi les Voies Lyonnaises !

Ce sont donc 280 millions d’euros qui seront consacrés aux Voies Lyonnaises d’ici 2026.

280 millions pour créer un nouveau réseau de transport de masse, avec 12 lignes et 250km en 2026, et des fréquentations attendues de 11 000 à 28 000 passages vélo par jour aux points les plus fréquentés de chaque ligne. Et tout ça pour le prix d’une seule ligne de tram, afin de permettre la création d’un réseau métropolitain complet.

280 millions pour un programme ambitieux qui permettra aussi de retravailler les espaces publics aux abords des Voies Lyonnaises, en végétalisant, en désimperméabilisant, en redonnant de la place et du confort aux piétons·nes.

280 millions pour améliorer la mobilité de toutes et de tous, avec des aménagements cyclables sécurisés, confortables, continus, qui permettront à tout le monde de pouvoir faire du vélo.
Qu’on vive dans le centre, dans les périphéries, dans les quartiers prioritaires. Qu’on soit femme, enfant, famille, personne âgée ou personne en situation de handicap.

Avec les Voies Lyonnaises, c’est une mobilité quasiment gratuite, en tout cas très peu coûteuse, qui deviendra accessible au plus grand nombre. En 2026, les ¾ des habitants·es et les ¾ des emplois se trouveront à moins de 10 minutes à vélo d’une Voie Lyonnaise.  

280 millions pour intensifier et accélérer nos efforts dans la lutte contre la pollution atmosphérique, contre la sédentarité, contre le dérèglement climatique. Aujourd’hui, nous nous réjouissons donc de la concrétisation rapide des Voies Lyonnaise : déjà un tronçon inauguré, de nombreux autres en travaux ou prochainement en travaux.

Alors oui chers·es collègues, nous sommes fiers·ères de consacrer 280 millions d’euros aux Voies Lyonnaises. Oui nous sommes fiers·ères de mobiliser pas moins de 500 millions d’euros pour les mobilités actives sur ce mandat, soit 60€/habitant/an : cela n’a jamais été fait. Oui nous sommes fiers·ères de mobiliser les moyens nécessaires pour répondre concrètement aux attentes des Grands-Lyonnais·es, améliorer leur qualité de vie et répondre, en responsabilité, à l’urgence climatique.

Le groupe écologiste votera pour cette délibération. 

Je vous remercie


Florence Delaunay
Conseillère Métropolitaine

Renouvellement urbain du quartier des Vernes – Intervention de Fatiha BENAHMED

M. le Président, cher·es collègues

Le quartier des Vernes, à Givors, compte près de 3 300 habitants, soit près d’1/5e de la population de la commune. Moins médiatisé et connu que d’autres, c’est pourtant l’un des quartiers prioritaires de la Métropole qui concentre le plus de difficultés sociales.  Le revenu médian annuel est parmi les plus faibles : 7 730 € contre 22 590 € à l’échelle métropolitaine. C’est dire l’importance du projet de rénovation urbaine que nous nous apprêtons à voter.

Nous voulons d’abord saluer la volonté politique des exécutifs municipaux et métropolitains actuels qui ont permis de relancer ce projet. Il avait été retenu par l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine en 2014 mais était resté en suspens en 2019. Aujourd’hui nous présentons, aux côtés de la Ville, des bailleurs et de l’Etat, avec l’ANRU, un projet à hauteur de 56 millions d’euros.

Ce projet a aussi son importance par son contenu. L’ambition est d’aller plus loin dans la rénovation urbaine du quartier, avec des interventions d’ampleur sur le logement, les espaces publics, la trame urbaine, les commerces et activités en cœur de quartier. Par ailleurs, le quartier est également lauréat de l’appel à projets “quartiers fertiles” de l’ANRU. Nous nous en réjouissons car le projet “les Vernes, transition vers un quartier fertile” va permettre l’implantation d’une ferme urbaine et de nouvelles activités, ce qui va apporter une offre alimentaire de proximité et de qualité pour les habitants. Ce projet de transition écologique et solidaire pourra également contribuer au changement d’image du quartier.

On a souvent reproché à la rénovation urbaine une action concentrée sur le bâti, sur l’urbain, au détriment de l’humain. Nous souhaitons que ce projet global pour les Vernes permette de tisser de nouvelles solidarités, qu’il soit la source d’une amélioration globale du cadre de vie et de la vie de quartier.

La concertation préalable, menée dans un calendrier contraint, a quand même permis de conforter les grands principes de ce projet, tout en attirant l’attention des acteurs publics sur plusieurs points :

  • la demande d’équipements,
  • la demande d’une offre commerciale diversifiée et de qualité,
  • la demande d’une amélioration de la desserte en transports en commun,
  • la demande d’une offre de logement abordable et adaptée à une part vieillissante de la population.

Nous devrons rester vigilants sur les réponses apportées à ces demandes.

Nous profitons aussi de cette délibération pour rappeler que la requalification du centre commercial, qui est un élément clé du projet, conditionne sa réussite. Nous appelons la Région à respecter les engagements financiers pris auprès de la commune et des habitants.

Nous nous réjouissons du soutien apporté par la Métropole à la transformation du quartier des Vernes : à travers sa participation financière et technique à la rénovation urbaine, à travers son soutien au projet “quartiers fertiles” également. Nous remercions Renaud Payre et Béatrice Vessiller pour leur implication, l’ensemble des partenaires, les services, ainsi que les habitantes et habitants qui ont participé à la concertation.

Nous voterons pour cette délibération.

Je vous remercie.


Fatiha BENAHMED
Conseillère métropolitaine

Consultation de l’État relative au transfert du Réseau Routier National (RRN) – Intervention de Matthieu VIEIRA

Route des vacances
Qui traverse la Bourgogne et la Provence
Qui fait Paris un p’tit faubourg de Valence
Et la banlieue d’Saint-Paul-de-Vence

Marie-Christine Burricand a cité Bernard Lavilliers, et moi j’ai choisi Charles Trenet, qui j’en conviens, est loin d’être un chanteur de ma génération. Mais ces quelques vers me permettent de rappeler qu’en 1955, quand est sortie sa chanson Nationale 7, celle-ci était longue de 996km.

À son apogée, le réseau routier national a compté près de 50 000 km de voiries. Un patrimoine qui petit à petit a été abandonné par l’État au fur à mesure des déclassements. Dernier épisode en date en février dernier avec le vote de la loi 3DS. 3DS dont un D pour « décentralisation », mais le gouvernement aurait mieux fait de dire « désengagement » car ce qu’il maquille en décentralisation c’est en réalité une opération d’externalisation de ses infrastructures, espérant en faire supporter les coûts futurs à des collectivités territoriales sous-traitantes.

Collectivités territoriales auxquelles parallèlement, et Mr Gascon l’a dit à juste titre, il compte demander 10 milliards d’euros d’économies dans le prochain mandat ! Avec Macron, c’est je déshabille Pierre et je lui demande d’acheter les vêtements de Paul.

C’est pourquoi nous restons très prudents sur ce transfert en montrant notre intérêt pour la gestion de 3 tronçons seulement sur les 7 possibles, et sous conditions j’y reviendrai.

Mais avant, je dois dire que je suis assez étonné M. Gascon de vous voir critiquer notre délibération et nous dire, quelque part, que nous devrions rejeter purement et simplement la gestion proposée par l’État.

Parce que j’ai du mal à comprendre la cohérence quand dans le même temps, ce vendredi à l’hôtel de région, votre ami Laurent Wauquiez va faire voter la reprise par la région de 790km de routes nationales, grosso modo la totalité de ce qui était transférable dans la région. Sans oublier également son funeste projet de doublement de la RN88, entre Le Puy et Firminy, un véritable écocide dont les travaux ont repris hier, et dans lequel la région investit 200 millions d’euros, alors que, je le rappelle, ce n’est pas de sa compétence. C’est de l’argent qui pourrait aller dans le TER !

Et pourtant, à l’heure de l’urgence climatique, c’est l’ensemble des projets routiers qu’il nous faut stopper immédiatement, comme nous l’avons fait par exemple avec l’Anneau des Sciences. Route du littoral à la Réunion, autoroute Castres-Toulouse, contournement de Rouen, ce sont 55 projets routiers en cours de travaux ou d’études, 4500 hectares de terres qui seraient sacrifiées, la superficie de la ville de Lyon. Le tout pour un total avoisinant les 18Mds€, 7 fois le budget alloué annuellement à SNCF pour la régénération du réseau ferré.

Ces chiffres nous montrent qu’il est temps de rompre avec le modèle du tout-voiture qui comporte de nombreuses externalités négatives :

  • sa dépendance aux énergies fossiles, qui frappe d’ailleurs de plein fouet les plus pauvres d’entre nous avec l’explosion du prix des carburants ;
  • son impact sur la disparition des terres agricoles
  • sa responsabilité dans la pollution de l’air, on l’a vu hier avec le vote de la ZFE

Oui il nous faut promouvoir un modèle plus résilient. Il ne s’agit de faire disparaître l’automobile contrairement à la caricature à laquelle quelques-uns ici aiment s’adonner, il s’agit de développer les alternatives dont le potentiel dans nos métropoles est très important.

Nous y travaillons, en doublant les investissements au Sytral sur ce mandat, en consacrant 500 millions d’euros pour les modes actifs, je le dis en passant c’est deux fois plus que le Plan Vélo gouvernemental, et en étant force de proposition pour la création d’un RER métropolitain. Sur ce dossier, la région doit maintenant être au rendez-vous et j’espère très sincèrement qu’elle le sera d’ici quelques mois…

Plus largement, nous attendons également de l’État qu’il prenne ses responsabilités pour des investissements sur le rail : lancement des travaux du CFAL, désaturation de l’étoile ferroviaire lyonnaise, il y a beaucoup à faire !

Quant au réseau routier, nous sommes convaincus que nous pouvons impulser un autre modèle par exemple en y créant des voies réservées, qui favorisent le covoiturage et les transports en commun. Nous pouvons aussi y conduire des projets de requalification, d’apaisement, en jouant sur les vitesses autorisées et les profils.

Alors oui, au vu des enjeux, un transfert de certaines voies pourrait nous intéresser, en l’occurrence la RN6 à Dardilly, l’A43 à Bron et l’A7 au sud de Pierre Bénite, mais avec des conditions fortes qui sont rappelées dans la délibération.

La première, ce sont des compensations financières importantes afin de pouvoir assurer la maintenance et la modernisation des infrastructures, que l’État a laissé vieillir. Jean-Charles Kohlhaas en parlé, nous ne pouvons pas reproduire le cas M6/M7, où je le rappelle la Métropole a dû engager deux millions d’euros récemment sur le Pont de la Brasserie, pour des mesures conservatoires et des travaux de sécurité.

La seconde, ce sont de véritables marges de manœuvres. Le transfert n’a aucun intérêt si l’État conserve toute la maîtrise stratégique, comme c’est le cas avec le statut de route à grande circulation. Sur l’A43 par exemple, nous pourrions valoriser la ligne de covoiturage LANE depuis Bourgoin en ouvrant une voie réservée pour le covoiturage et les transports en commun.

Au fond, cette délibération est une pièce du puzzle de nos ambitions pour les mobilités, un projet de transformation, un projet de planification écologique, auquel notre groupe apporte logiquement son soutien. Je vous remercie.


Matthieu VIEIRA
Conseiller métropolitain

Pour une Métropole de l’hospitalité – Intervention de Monique GUERIN

Merci M. le Président. Chers collègues, 

Cette délibération nous rappelle les grands défis de solidarité et d’hospitalité que nous souhaitons relever. Rappelons-nous que Lyon a une longue tradition d’hospitalité avec l’ancien hôpital de la charité, l’Hôtel Dieu et toutes les grandes associations caritatives à dimension nationale créées ici.

Il y a maintenant plus de 18 mois que nous avons lancé le dispositif précurseur de La Station avec l’association Le Mas. Aujourd’hui il nous est proposé de permettre une évolution majeure de ce dispositif et de nous donner les moyens de lutter efficacement contre le sans-abrisme.

L’enjeu est de concrétiser une politique durable d’amélioration des conditions de vie et de garantie de la sécurité des bénéficiaires, pour leur permettre de faire valoir leurs droits : un droit au logement, un droit à la santé, un droit à l’inclusion, ou tout simplement le droit de vivre dignement. 

Le dispositif de La Station, unique en France, que nous avons d’abord porté seuls, est une illustration concrète de nos ambitions en la matière. La Métropole a proposé une offre d’hébergement qui correspond à une situation courante mais jusque-là non prise en compte par le législateur, celle des jeunes reconnus majeurs mais en recours de minorité.

Aujourd’hui ces jeunes n’ont pas accès à l’hébergement d’urgence puisqu’ils ne sont pas prioritaires et que le dispositif est saturé. C’est donc une vraie satisfaction que de voir l’efficacité de ce dispositif reconnu aujourd’hui par l’Etat par le co-portage qu’il nous apporte. Lutter par des actes contre l’invisibilisation qui est faite de ces jeunes est une priorité. Le premier site de Rockefeller a déjà accueilli, en seulement 18 mois, plus de 150 jeunes en recours de minorité : un élément qui aurait intérêt à être pris en compte par les futurs rapporteurs d’une loi sur l’immigration pour mettre en place un accueil digne et perrein sur le territoire. Bien au-delà de faire valoir la minorité de ces jeunes, tout l’enjeu est de leur offrir un accompagnement associatif le plus complet possible, afin de s’insérer dans notre pays. Une telle démarche démontre qu’un accueil couplé à un accompagnement est un gage de réussite et doit permettre une régularisation par le travail.  

Cette politique d’accueil ambitieuse ne saurait être conduite sans un travail conjoint de nos deux vice-présidents Lucie Vacher et Renaud Payre avec nos partenaires locaux : nous tenons à ce titre à remercier le bailleur ICF Habitat, le MAS et les collectifs de soutien. 

Nous tenons finalement à ajouter que le développement de tout un nouvel ensemble de solutions,  porté par l’exécutif métropolitain en matière d’accueil et d’hébergement, s’effectue conjointement à un renforcement des interventions sociales et ce, à raison. Cette volonté collective de notre majorité permet à notre collectivité de consacrer chaque année un milliard d’euros à l’action sociale. La présente délibération permet également l’octroi de subventions aux associations dont deux au profit d’ALYNEA et Vivre dignement. Nous souhaitons saluer le travail remarquable de ces deux associations en matière d’accompagnement social pour permettre aux personnes en situation d’habitat précaire une ouverture de leurs droits ainsi qu’un accès au logement. Deux choses inaccessibles SANS une situation administrative stabilisée, des conditions de vie dignes et une insertion professionnelle. 

L’effort d’hospitalité qu’effectue la Métropole est d’autant plus nécessaire au regard de la crise sociale : c’est pour cette raison que le groupe des écologistes votera POUR cette délibération.


Monique GUERIN
Conseillère métropolitaine